le jour ou son grand pere l'avait chassé il n'était encore q'un enfant maintenant il était un homme.il le sentait.la misère,insistons y lui avait été bonne.la pauvreté dans la jeunesse quand elle réussit a cela de magnifique qu'elle tourne toute la volonté vers l'effort et toute l'ame vers l'aspiration .la pauvreté met toute la vie matérielle a nu et la fait hideuse de là d'innexprimable élans vers la vie idéale.le jeune homme riche a cent distractions brillantes et grossières des occupations des bas cotés de l'ame aux dépens des cotés hauts et délicats .le jeune homme pauvre se donne de la peine pour avoir son pain il mange quand il a mangé il n'a plus que la reverie .il va aux spectacles gratis que dieu donne il regarde le ciel l'espace les astres les fleurs l'humanité dans laquelle il souffre la création dans laquelle il rayonne.il regarde tant l'humanité qu'il voit l'ame ,il regarde tant la création qu'il voit dieu .il reve il se sent grand il reve encore il se sent tendre .de l'égoisme de l'homme qui souffre il passe a la compassion de l'homme qui médite .un admirable sentimant éclate en lui .l'oubli de soi et la pitié pour tous .toute haine s'en va de son coeur à mesure que toute clareté entre dans son ésprit .d'ailleurs est-il malheureux ??? NON chaque matin il se remet a gagner son pain et a étudier au meme tant chose dure pour un ados et tandis que ses mains gagnent du pain son épine dorsale gagne de la fièrté son cerveau gagne des idées .Sa besogne finie ,il revient aux extases innefables aux contemplation aux joies il vit les pieds dans les afflictions dans les obstacles dans les ronces la tete dans la lumière .il est ferme serein doux paisible attentif sérieux content de peu et il bénit dieu de lui avoir donné ces deux richesses qui manque bien a des riches : le travail qui le fait libre et la pensée qui le fait digne .